Dans une classe, lors d’un goûter d’anniversaire, au square, on voit tout de suite la différence. Il y a les petits intrépides, gonflés de confiance en eux, ceux qui palabrent, lèvent tout le temps le doigt en classe, organisent les jeux… Et les autres, qui restent dans leur coin, se laissent chiper leur jouet sans mot dire, n’osent pas aller vers les autres.

La confiance en soi (s’estimer à sa juste valeur) est une qualité importante à développer chez un enfant, qui l’accompagnera toute sa vie, et un des piliers de la réussite, plus encore que le QI ! Elle facilite les relations professionnelles et sociales, donne l’audace d’entreprendre, aide à rebondir lors des échecs ou des ruptures. Un atout nécessaire dans cette société exigeante, où il faudra à nos enfants un ego solide pour s’adapter entre autres aux changements de carrière.

L’estime de soi n’est pas innée. Elle se construit grâce à l’amour et à l’éducation, d’abord dans la famille, en fonction du regard et de la considération de ses parents sur l’enfant. Mais aussi en interaction avec les pairs et le milieu social. Transmettre cette force à son enfant demande du doigté. Il s’agit de l’amener à s’évaluer à sa juste valeur. Lui répéter à longueur de journée : « Tu es génial, mon chéri » risque d’en faire un « requin » prêt à écraser tout le monde ou, au contraire, de l’insécuriser. Car trop de compliments, ça sonne faux, et l’enfant ne s’y trompe pas. Adulte, on a parfois besoin de reconquérir cette confiance, sapée par les petits accidents de vie. Mais si, petit, on a pris conscience de sa valeur, on sait surmonter les difficultés et on peut se relever. C’est un passeport pour le bonheur.

 

Alors, comment aider les enfants qui se découragent (trop) vite face aux difficultés?

Selon moi, le plus important est d’insister sur la notion de « pas encore » : une notion qui n’est pas encore acquise signifie que l’enfant est encore en train d’apprendre, qu’il est sur le chemin.

2 réactions possibles des enfants face aux défis et aux difficultés

1. « J’adore les défis » : un état d’esprit en expansion

Les enfants qui se réjouissent face à l’idée de relever des défis savent que leurs capacités peuvent être développées et que leur intelligence n’est pas figée. Ils ont un « état d’esprit en expansion », ils sont orientés vers le « bientôt ».

Ces enfants vont s’impliquer dans les problèmes qui se présentent à eux : ils vont traiter les erreurs, apprendre à partir de celles-ci et les corriger.

 

2. « C’est une catastrophe, je ne vais jamais y arriver » : la tyrannie du maintenant

Les enfants qui paniquent devant les défis et les difficultés ont une perspective figée de l’intelligence. Ils sont pris au piège de la tyrannie du maintenant.

Face aux difficultés, ces enfants vont fuir : ils vont soit tricher (plutôt que réviser plus ou différemment) ou alors chercher quelqu’un de moins bon qu’eux (pour se rassurer sur leur propre valeur).

Les enfants pris au piège dans la tyrannie du maintenant ne vont pas même pas chercher à se confronter à l’erreur. Des scanners de leur cerveau ont montré que l’activité cérébrale est nulle face à un problème qui leur semble inatteignable.

 

6 manières d’aider les enfants qui se découragent face aux difficultés

1. Complimenter avec sagesse

On évitera de complimenter l’intelligence ou les talents mais on mettra l’accent sur le processus dans lequel les enfants se sont engagés :

– les efforts
– l’implication
– la concentration
– la persévérance
– les progrès

« Ta réussite est la consécration de tous tes efforts », « C’est l’aboutissement d’heures et d’heures de travail », « Tu as gagné 3 points par-rapport au dernier contrôle », « C’était difficile et tu as continué malgré tout », « Tu as donné le meilleur de toi-même et tu vas continuer de progresser »…

30 propositions pour encourager efficacement les enfants :

30 propositions pour encourager efficacement

2. Porter l’attention sur la méthode et la stratégie mises en place

On pourra demander à l’enfant comment il a fait pour trouver et décrire comment il s’y est pris, détailler les étapes de sa réflexion et les allers retours pour arriver à la solution.

3. Utiliser des mots « magiques »: bientôt, pas encore, pour le moment

Dire « Tu n’y arrives pas encore » , « Tu vas bientôt y arriver », « Tu ne comprends pas pour le moment » donne de l’assurance aux enfants car ils ouvrent une voie vers l’avenir.

4. expliquer le fonctionnement du cerveau pour changer l’état d’esprit des enfants

On peut expliquer aux enfants que leur cerveau est plastique. Chaque fois qu’ils apprennent quelque chose, les neurones dans leur cerveau créent plus de connexions et plus fortes . A force de connexions, ils deviennent plus intelligents.

On pourra alors leur faire comprendre que leurs efforts finiront par payer :

« Tes efforts créent des connexions entre tes neurones et ces connexions plus fortes et plus nombreuses, c’est ce qui te rend plus intelligent. »

« Plus tu travailles, plus tu mets de chances de ton côté. »

5. Avoir des attentes positives envers les enfants

Les attentes que nous avons envers les enfants modifient nos comportements envers eux. Or la manière dont nous traitons les enfants influencent sur le comportement de ces derniers. Les comportements (négatifs mais aussi positifs) s’auto-renforcent à l’aide d’étiquettes.

6. Éviter le piège du « c’est facile, tu verras »

On croit généralement encourager nos enfants en leur disant qu’une chose est facile. Pour nous, cela revient à leur dire que les choses sont à leur portée, que nous les savons capables de le faire à l’avance et que nous leur faisons confiance.

Or cela peut se retourner contre eux.

  • S’ils réussissent à faire quelque chose de facile, ils n’en retireront aucun mérite.
  • S’ils ne réussissent pas, ils se sentiront nuls car ils n’auront même pas été capables d’exécuter une chose communément admise comme simple.

On peut essayer de remplacer «C’est facile !» par l’inverse : «Ce n’est pas facile !» ou « Ça peut être difficile ! ». Le message change alors de sens :

  • en cas de réussite, l’enfant est empli de fierté : »J’ai réussi quelque chose de difficile ! »
  • en cas d’échec, cette pensée peut le consoler : « J’ai raté mais c’était difficile. Dans ce cas, on incitera l’enfant à recommencer avec des phrases motivantes du type « On ne peut pas s’améliorer tant qu’on n’a pas fait un premier pas. Le 40ème essai sera meilleur que le premier. Tu vas continuer à t’améliorer grâce à l’habitude et l’expérience. »

Il ne s’agit pas pour autant de dire que tout est difficile au risque de décourager l’enfant et de lui donner l’impression que le monde est inabordable. Mais plutôt de dire qu’une chose PEUT être difficile.