Pourquoi j’ai formé ma collaboratrice plutôt que de recruter quelqu’un de tout fait

Une question posée en salle d’attente

La semaine dernière, un couple qui attendait un rendez-vous depuis six semaines m’a demandé, mi-sérieux mi-amusé, si j’envisageais de me cloner. Je leur ai répondu que non, mais que j’avais fait presque aussi radical : j’ai formé quelqu’un.

Depuis quelques mois, Chloé Coudert consulte à mes côtés au cabinet. Thérapeute de couple, elle a suivi ma formation professionnelle avant de rejoindre l’équipe. Et si je vous en parle aujourd’hui, ce n’est pas pour vous présenter une nouvelle collègue comme on annonce une embauche. C’est parce que la façon dont elle est arrivée dit quelque chose de ce que je crois sur ce métier.

Recruter un profil tout fait, ou en construire un

Un recrutement, dans un cabinet de thérapie, ressemble presque toujours au même scénario. On cherche un profil déjà constitué : un diplôme reconnu, quelques années d’exercice, une méthode identifiable. On additionne des compétences sur un CV. Et si le courant passe en entretien, on signe.

Je n’ai pas fait ça. Et si la vraie question n’était pas de trouver la bonne personne toute faite, mais de choisir qui on a envie de faire grandir ?

Ce n’est pas une posture. C’est une conséquence directe de ce que j’ai compris en douze ans de pratique : la thérapie de couple ne s’apprend pas seulement dans les livres, ni même dans une formation initiale, aussi solide soit-elle. Elle s’apprend en observant quelqu’un travailler, en étant reprise sur une intervention trop rapide, en comprenant pourquoi on choisit de laisser un silence durer plutôt que de le combler. C’est un compagnonnage autant qu’un enseignement.

Quand j’ai ouvert ma formation de quatre jours pour les professionnels de l’accompagnement, mon objectif n’était pas de recruter une future collaboratrice. Mais au fil des sessions, j’ai vu Chloé travailler sur des mises en situation, poser des questions qui déplaçaient pertinentes, et surtout écouter d’une manière que je reconnaissais : elle regardait le couple, pas les deux individus assis côte à côte. C’est exactement la grille de lecture que j’essaie de transmettre, celle d’une thérapeute systémicienne qui observe une dynamique plutôt que deux histoires parallèles.

cabinet de thérapeute

Ce n’est pas une posture. C’est une conséquence directe de ce que j’ai compris en douze ans de pratique : la thérapie de couple ne s’apprend pas seulement dans les livres, ni même dans une formation initiale, aussi solide soit-elle. Elle s’apprend en observant quelqu’un travailler, en étant reprise sur une intervention trop rapide, en comprenant pourquoi on choisit de laisser un silence durer plutôt que de le combler. C’est un compagnonnage autant qu’un enseignement.

Quand j’ai ouvert ma formation de quatre jours pour les professionnels de l’accompagnement, mon objectif n’était pas de recruter une future collaboratrice. Mais au fil des sessions, j’ai vu Chloé travailler sur des mises en situation, poser des questions qui déplaçaient pertinentes, et surtout écouter d’une manière que je reconnaissais : elle regardait le couple, pas les deux individus assis côte à côte. C’est exactement la grille de lecture que j’essaie de transmettre, celle d’une thérapeute systémicienne qui observe une dynamique plutôt que deux histoires parallèles.

Un parcours qui n’a rien de classique

Le parcours de Chloé n’a rien d’un parcours classique de thérapeute de couple, et c’est précisément ce qui m’intéresse. Elle vient des sciences sociales et de la communication, un terrain qui l’a formée à décortiquer la manière dont deux personnes se comprennent, se ratent, se reconstruisent un langage commun. Elle s’est ensuite formée à la communication non violente, l’approche que j’enseigne moi-même, avant de suivre ma formation en thérapie conjugale. Et puis il y a cette part d’elle que peu de thérapeutes assument publiquement : elle a écrit un recueil de poésie sur l’amour et la rupture.

Je sais que ça peut surprendre, dans un cabinet où on parle de théorie de l’attachement et de schémas précoces. Mais je n’ai jamais cru qu’on soigne les liens avec la seule rigueur clinique. Il faut aussi savoir nommer ce qui se joue dans un silence après une dispute, dans la manière dont deux corps s’évitent sur un canapé, dans ce qui reste non-dit pendant des années. Une thérapeute qui a mis des mots justes sur l’amour et la perte dans un livre a déjà fait, seule, une partie du travail qu’on demande ensuite aux couples de faire à deux : regarder en face ce qui fait mal, sans détourner le regard.

Je me souviens d’une supervision, assez tôt dans sa formation, où Chloé accompagnait un couple fictif dans un exercice. L’un des deux partenaires reprochait à l’autre son manque d’implication à la maison. La réaction attendue, celle qu’on voit souvent chez des thérapeutes débutants, aurait été de chercher un compromis sur la répartition des tâches. Chloé a posé une autre question : qu’est-ce que ce manque d’implication vient réveiller, comme peur, chez la personne qui se plaint ? En une phrase, elle a déplacé le problème du planning ménager vers le besoin de sécurité affective. C’est ce déplacement-là, plus que n’importe quel diplôme, qui m’a convaincue qu’elle avait la bonne oreille pour ce métier.

Ce que ça change pour les personnes qui consultent

Recruter un profil tout fait, c’est souvent recruter une méthode déjà figée, avec ses réflexes et parfois ses angles morts. Former quelqu’un depuis le début, c’est prendre le temps de construire ensemble une manière de voir les couples qui ne doit rien au hasard. Ce choix demande plus de temps, plus de patience, et il n’offre aucune garantie immédiate. Mais il produit quelque chose qu’un recrutement classique ne produit presque jamais : une continuité réelle entre ce que je transmets et ce que la personne pratique ensuite face à un couple.

Pour les personnes qui consultent, ça change concrètement plusieurs choses. D’abord, un accès plus rapide : le cabinet peut désormais accueillir davantage de couples et de familles sans que les délais d’attente explosent. Ensuite, et c’est peut-être le plus important, une garantie de cohérence. Consulter avec Chloé, ce n’est pas consulter avec une thérapeute qui a simplement lu mes livres ou assisté à quelques conférences. C’est consulter avec quelqu’un qui a été formée directement par moi, sur les mêmes cadres théoriques, la même exigence clinique, la même attention portée à la dynamique du couple plutôt qu’aux torts de chacun.

Faire grandir un cabinet sans perdre ce qui fait sa valeur

Ce que je voulais construire, en ouvrant ma formation aux professionnels, ce n’était pas seulement transmettre un savoir. C’était aussi, sans me l’avouer complètement au début, préparer la possibilité qu’un cabinet comme le mien puisse grandir sans perdre ce qui fait sa valeur. La qualité de nos liens détermine la qualité de nos vies, je le répète souvent. Ça vaut pour les couples que je reçois. Ça vaut aussi, apparemment, pour la façon dont on construit une équipe.

Si tu envisages de consulter en thérapie de couple, que ce soit avec moi ou avec Chloé, tu retrouveras la même approche : regarder ce qui se joue entre vous deux, pas seulement chacun de votre côté. Les rendez-vous s’organisent en cabinet à Saint-Mathieu-de-Tréviers ou en visio, selon ce qui te convient le mieux.