Formation thérapie de couple à Montpellier : pourquoi je transmets

Ce que le cabinet m’a appris et que j’ai décidé de transmettre

Elle s’est assise en face de moi, a posé son carnet sur ses genoux et m’a dit, un peu gênée : « Je reçois de plus en plus de couples. Et honnêtement, j’ai l’impression d’être un arbitre. Chacun vient plaider sa cause, et moi je compte les points. »

C’était une psychologue. Solide, bien formée, avec des années de pratique individuelle derrière elle. Elle ne manquait ni de compétence ni d’empathie. Ce qui lui manquait, c’était une grille de lecture pour ce troisième patient qui s’invite dans chaque séance de couple : la relation elle-même.

Cette phrase, je l’ai entendue sous des formes différentes, de la bouche de coachs, de thérapeutes, de conseillers conjugaux débutants. Et c’est elle, plus que n’importe quel projet de carrière, qui m’a convaincue qu’il était temps de transmettre.

formation thérapeute de couple

Accompagner un couple, ce n’est pas accompagner deux personnes

Vous avez peut-être déjà vécu cette situation en séance. Monsieur explique qu’il se sent critiqué en permanence. Madame explique qu’elle se sent seule, qu’elle parle dans le vide. Chacun a raison. Chacun souffre. Et plus vous tentez de comprendre l’un, plus l’autre se sent trahi.

C’est là que la pratique individuelle, aussi riche soit-elle, atteint ses limites. Quand on reçoit une personne, on suit son histoire, ses blessures, ses ressources. Quand on reçoit un couple, on observe une danse. Et cette danse a sa propre logique, qui n’appartient ni à l’un ni à l’autre.

La thérapie systémique m’a appris à regarder cette circularité : elle critique parce qu’il se retire, il se retire parce qu’elle critique. Chercher qui a commencé ne mène nulle part. Ce qui fait bouger les choses, c’est de rendre la boucle visible pour les deux partenaires, de manière à ce qu’ils puissent s’allier contre elle plutôt que l’un contre l’autre.

Dit comme ça, cela paraît simple. En séance, avec deux personnes en colère, un passé chargé et une émotion qui monte en quelques secondes, ça ne l’est pas du tout.

Ce qui manque le plus souvent : des outils pour les moments qui débordent

En échangeant avec des professionnels de l’accompagnement, je remarque que ce qui les met le plus en difficulté n’est pas le manque de théorie. Beaucoup connaissent la théorie de l’attachement, ont lu sur les schémas précoces, ont entendu parler de la théorie polyvagale. Ce qui manque, c’est le passage de la connaissance à l’intervention, au moment précis où la séance bascule.

Je pense à un coach que j’ai accompagné. Il me racontait une séance où une femme s’était brusquement figée pendant que son conjoint parlait. Plus un mot, le regard ailleurs. Il avait continué à poser des questions, pensant la relancer. Elle s’était refermée davantage.

Ce qu’il voyait comme un désintérêt, la théorie polyvagale aide à le lire autrement : un système nerveux qui ne perçoit plus de sécurité peut passer en mode figement. À ce moment-là, la parole ne passe plus. Poser une question de plus, c’est ajouter de la pression. Ralentir, nommer ce qu’on observe avec douceur, laisser au corps le temps de revenir, c’est souvent ce qui rouvre l’espace.

La théorie de l’attachement apporte un autre éclairage essentiel. Dans un couple, les disputes les plus violentes portent rarement sur leur objet apparent. Derrière « tu ne ranges jamais rien » se cache fréquemment une question bien plus ancienne : est-ce que je compte pour toi ? Est-ce que tu seras là si j’ai besoin de toi ? Quand on apprend à entendre cette question sous la plainte, on n’accompagne plus le même conflit.

Et puis il y a les schémas de Young. Ces croyances profondes, construites dans l’enfance, qui se réveillent au contact du partenaire. Une personne qui porte un schéma d’abandon ne vit pas le retard de son conjoint comme un simple retard. Elle le vit avec toute la charge de ce qu’elle a connu petite. Repérer ces schémas, c’est comprendre pourquoi une réaction semble disproportionnée, sans la juger.

Aucun de ces cadres, à lui seul, ne suffit. C’est leur articulation qui permet d’agir avec justesse.

Vingt ans d’ingénierie avant le cabinet

Avant de devenir thérapeute, j’ai passé une vingtaine d’années comme ingénieure en biologie. On me demande parfois si ce n’est pas un grand écart. Je crois au contraire que ce parcours façonne profondément la manière dont je transmets aujourd’hui.

En laboratoire, j’ai appris à observer avant de conclure. À décomposer un phénomène complexe en mécanismes compréhensibles. À vérifier qu’une hypothèse tient avant de construire dessus. J’ai aussi appris à expliquer des choses compliquées à des personnes qui n’étaient pas du métier, sans les trahir.

Quand je suis arrivée dans le monde de la thérapie, j’ai été frappée par la richesse des approches, et parfois par la difficulté à les relier entre elles. J’avais besoin de comprendre comment l’attachement, le système nerveux, les schémas et la dynamique systémique s’emboîtaient. Pas pour tout réduire à une mécanique, l’humain n’est pas un protocole expérimental. Mais pour disposer d’une carte qui aide à s’orienter quand la séance devient confuse.

C’est cette carte que j’ai voulu construire pour la formation. Pas un catalogue de techniques, mais une manière structurée de lire ce qui se joue entre deux personnes, et de savoir quoi faire de ce qu’on a compris.

Transmettre depuis le terrain, pas depuis une estrade

Je ne me vis pas comme quelqu’un qui aurait tout compris et viendrait l’enseigner. Je reçois des couples chaque semaine depuis 2012. Je doute encore, je me trompe parfois, je découvre des choses. Certaines séances me laissent perplexe, et c’est souvent en y repensant le soir que je comprends ce qui s’y est joué.

C’est justement ce que je souhaite partager. Les situations réelles, anonymisées, avec leurs impasses et leurs retournements. Les moments où j’ai pris un chemin qui n’a pas fonctionné, et ce que j’en ai appris. Les phrases qui apaisent et celles qui, sans le vouloir, relancent l’escalade.

Je crois aussi que la personne du thérapeute est un outil à part entière. On n’arrive jamais neutre en séance de couple. Vos propres bagages, votre rapport au conflit, votre histoire amoureuse vont résonner avec ce que vous voyez. Si une scène de dispute vous met mal à l’aise, vous serez tenté de la désamorcer trop vite. Si un partenaire vous rappelle quelqu’un, vous prendrez parti sans vous en rendre compte. Travailler cela fait partie de la formation, parce que c’est ce qui permet de rester présent quand la tension monte.

Ce que je souhaite vraiment offrir

La formation que je propose se déroule sur quatre jours à Montpellier, en petit groupe d’une quinzaine de participants. Ce format n’est pas un hasard : il permet d’alterner apports théoriques, analyse de situations cliniques et mises en pratique, avec le temps nécessaire pour que chacun puisse poser ses questions et partager ses propres cas.

Elle s’adresse aux psychologues, coachs, thérapeutes et professionnels de l’accompagnement qui reçoivent déjà des couples, ou qui aimeraient le faire, et qui ressentent le besoin d’outils concrets pour ne plus se sentir arbitres.

Si je devais résumer ce qui m’anime, ce serait ceci : la qualité de nos liens détermine la qualité de nos vies, et le lien, ça s’apprend. Je l’ai vu se vérifier chez des centaines de couples. Je suis convaincue que cela vaut aussi pour celles et ceux qui les accompagnent. Plus vous disposerez d’outils solides, plus les couples que vous recevez auront de chances de retrouver le chemin l’un vers l’autre.

Et si cette réflexion fait écho à votre pratique, je serai heureuse d’en parler avec vous.